Mazatlan/Los Mochis/Barranca del Cobre/Chihuahua/Durango/Mazatlan (bus/train)
Une journée de visite au village de San Blas près, de la baie de Mantacrain)hen, nous parait bien assez et c’est de nouveau le départ pour 130 miles plus au nord ouest. 2 journées de navigation seront nécessaires, a tirer des bords encore et toujours face au vent (en doublant la distance a parcourir), tout ça pour être obligés de se ralentir la deuxième nuit afin de pénétrer dans la zone des marinas de Mazatlan au petit matin car l’entrée entre les digues étroites est assez mariole avec la houle de l’arrière. Visite de Mazatlan qui, contrairement a d’autres villes, ne nous a pas enchantés plus que ça. Nous avons trouvé son centre historique minuscule au milieu de bâtiments hétéroclites et de no man’s land. Seul l’intérieur de sa cathédrale nous a plus et en cette veille de week-end pascal, la file d’attente pour le confessionnal est impressionnante. Des dizaines de curés sont débordés !!! (Pervertis les mexicains ou trop dévots ?). Apres quelques préparatifs, nous voici en route pour aller découvrir la Barranca del Cobre, composé de 20 canyons (le plus grand canyon du monde mondial), après celui de Namibie en Afrique et celui du Colorado chez nos copains des states. De plus, une partie de ce canyon n’est desservi que par le train, el chepe, qui relie le Pacifique à la ville de Chihuahua. Nous nous rendons dans un premier temps jusqu'à ‘Los Mochis’ et longeons pendant 7 heures de bus la mer de Cortes. Le lendemain, nous nous levons aux aurores pour pouvoir obtenir des billets de train en cette semaine sainte ou beaucoup de gens voyagent. Le taxi, qui nous emmène à la gare, nous entendant parler français, se fait un devoir de nous mettre Nana Mouskouri, histoire de nous réveiller !!! La salle d’attente de la gare est déjà bien pleine (il est 5 heures du mat !!) et on se croirait figurants dans un film avec John Wayne. Il y a du cow-boy au mètre carré. Pas de doute, nous rentrons dans le pays des Rancheros !!! A 7 heures du matin, nous partons accompagnés de 2 jeunes étudiants grenoblois. Apres 3 heures de train, nous commençons a voir un paysage beaucoup plus escarpé, ponctué de falaises, de rivières encaissées et de pinèdes clairsemées. Entre 2 voitures, les portes pour descendre sont ouvertes a mi-hauteur et permettent au voyageur de mitrailler les différents paysages. Vers 16 heures, nous sommes les seuls à descendre au village de Posada Barrancas ou le senor Don Pedro Diaz, chapeau de vaquero vissé sur la tête et santiags aux pieds, attend le touriste potentiel au volant de son truck afin de lui proposer ses cabanas pour la nuit. Nous passons 2 jours dans son affaire familiale a ingurgiter les ‘bons’ repas de la senora Diaz a base de riz et de (devinez quoi !!!) haricots !!! Pour digérer le tout, nous ne nous lassons pas de marcher le long d’arêtes, surplombant l’intersection de 3 canyons spectaculaires. Nous déambulons pendant plusieurs kilomètres poussant toujours plus loin, d’arêtes en arêtes, jusqu’au village de Divisadero avec son marché artisanal tenu par les indiens Raramuri, habitants déshérités de cette contrée. La prochaine étape nous emmène jusqu’au bourg de Creel, endroit incontournable pour tous les visiteurs, point de départ de nombreuses excursions organisées. Ne pouvant malheureusement pas tout découvrir, nous prenons l’option de louer un scooter pour étendre notre rayon d’action. A 2300 mètres d’altitudes, gants et bonnet sur la tête, nous partons avec notre bolide sur la route de Guachochi pour atteindre le fond d’un des nombreux canyons. Route sinueuse, a-pics époustouflants, vallées encaissées, le paysage, sous un ciel bleu lumineux, est de toute beauté. Nous faisons demi-tour a regret, ne souhaitant pas tomber en panne d’essence dans cette zone pas vraiment fréquentée. On finit quand même notre périple par une petite boucle et nous retrouvons dans la vallée de los Monjes ou nous attend un paysage aride, parsemé de monolithes rocheux. Comme dirait le capitaine, on se croirait à Fontainebleau !!!! Le lendemain, nous continuons notre route vers Chihuahua et laissons derrière nous cette magnifique région ou il y aurait tant à faire qu’un mois n’y suffirait pas. Il faudra revenir !!! Nous arrivons a Chihuahua ou nous prenons un billet de bus pour Durango et laissons le sac a dos a la consigne (fermeture a 20 heures) pour visiter la ville pendant les quelques heures qu’il nous reste a tuer. A part ses nombreux magasins de santiags (quel choix !!) et quelques places éparses, Chihuahua n’a pas vraiment de centre d’intérêt particulier. Nous prenons una camioneta à 19 heures pour retourner au terminal de bus afin de récupérer nos affaires. L’heure tourne et le chauffeur s’arrête souvent, discute avec ses copains avec qui il fait des transactions. Apres renseignements, il nous explique qu’il lui faudra plus d’1 heure pour se rendre au terminal. Affolés par ce délai trop long, il nous conseille de changer de bus pour un plus rapide. Nous voici alors dans un second bus, aussi lent que le premier. Tout cela finira dans la rue a courir après le premier taxi qui passe et qui nous emmènera a la consigne ‘just in time’ avant la fermeture. Qui a dit qu’il n’y avait pas de stress en voyage ? Nous roulons toute la nuit pour arriver au petit matin a Durango ou un paysage de western nous attend : plaines arides, montagnes, chevaux et bien sur cow-boys a gogo. Les environs de Durango ont d’ailleurs été le lieu de tournage de moult films dont le dernier Zorro ou Bandidas. Nous folâtrons toute la matinée dans Durango avant le retour sur Mazatlan par une des routes les plus spectaculaires du Mexique. Nous prévoyions un arrêt a El Salto pour profiter un peu de cette région mais les infrastructures touristiques inexistantes et les hôtels délabrés nous pousserons a continuer sur Mazatlan. Sur plus d’une centaine de kilomètres, une route sinueuse, surplombant des canyons, serpente a quelques 2000 mètres sur une arête centrale permettant de découvrir, de gauche et de droite, des ravins vertigineux. Frustrés de ne pas pouvoir s’arrêter pour apprécier les lieux, nous regrettons qu’il n’y ait pas de logements ni de locations de véhicules le long de cette route enchanteresse. Apres les ‘trips’ temples Mayas, foret tropicale, îles et plages, volcans, voici terminé, a regret, le ‘trip’ canyon !
Encore quelques jours de maintenance, de lessives et d’approvisionnement et nous serons prêts a affronter la Baja California.
P.S. : Ayant diagnostiqué une panne électrique sur le petit moteur hors bord, (rupteurs défectueux et/ou bobine hors service), nous l’avons laissé a un ‘spécialiste » durant notre escapade pour qu’il règle le problème. Depuis notre retour nous attendons que la réparation soit finalisée et à chaque visite la réponse est toujours la même « puede regresar en 2 horas, por favor ?» Et viva Mexico !!!Bilan : 40 $ de pièces et 2 carters qui ne se remontent plus, robinet d’essence qui fuit…













